Fable de tous les temps et de tous les pays
Au temps des troubadours
En des temps reculés, des châteaux et des princes
Où le moindre hobereau voulait tenir sa cour
Étaient les bienvenus, les gentils troubadours
Pour égayer les jours, les plaisirs étaient minces.
Il advint qu’un beau jour, arriva au château 
Peu importe son nom, mais il était très beau
Un flambant ménestrel, dans de très beaux atours
Bien plus que n’en portaient, alors, les troubadours.
Le seigneur fut flatté, d’avoir ce visiteur
Lors il lui demanda, en guise de faveur
De chanter ce soir là, pour les yeux de sa dame
Qui pour dire le vrai, devant son art se pâme.
En attendant le soir, les rumeurs vont bon train
On dit que cet artiste, est venu de fort loin
Qu’on chante ses louanges, d’ici jusqu’aux confins
Que c’est une vraie chance, que de ouïr son latin.
La dame émoustillée, demande à rencontrer
Avant cette soirée, cet hôte remarquable
Elle l’invite donc, mais non pas à sa table
Mais bien en son boudoir, il faut rester discret.
Notre beau ménestrel, est à son avantage
Il a pour l’occasion, mit son plus beau plumage
Aussi bien préparé son plus charmant ramage
Mais a-t-il l’intention de demeurer bien sage ?
Car la dame s’ennuie, les occasions sont rares
De croiser dans sa vie des hommes aussi charmants
En son for intérieur elle désire un amant
Mais jadis on le sait les mœurs étaient barbares.
Ce qui se passe alors personne ne le sait
Même s’il est aisé pour nous de deviner
Car ce qui est secret doit demeurer caché 
La musique en ce temps était chose sacrée.
La soirée fut splendide tout y resplendissait 
La salle est plein feux et la table fournie
Le seigneur de son geste est d’autant plus ravi
Que la dame lui semble vraiment épanouie.
En ces temps reculés des châteaux isolés 
L’histoire nous rapporte les amours très courtoises
Qu’on célébrait alors de façon délicieuse
Pour charmer les soirées de ces gens raffinés.
Derrière ces images qu’on croirait d’Epinal
Sommeillent des passions comme il est si normal
Au chat, à la souris hommes et femmes jouaient
Et toutes manigances il fallait déjouer.
L’histoire aurait pu avoir une autre fin
Si le seigneur avait, eu soupçon du complot
Le pauvre ménestrel aurait en aigrefin
Fini en un cachot ou bien sur le billot.
De nos jours tout cela nous semble bien étrange 
En amour comme on sait, plus rien ne nous dérange 
Il suffit que l’envie, passe et nous démange 
Point besoin de ruser, comme les choses changent !
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com