Mers et montagnes
Qui n’a chanté la mer, l’océan et la vague
Ne faut-il pour cela être un peu marin ?
Qui n’a senti l’écume, la force des embruns
La voile par le vent, gonflée quand on la cargue ?
Pour ma part je l’avoue si je les imagine
Je n’en ai connaissance qu’à travers de beaux livres
Ceux qui m’ont fait rêver aux îles grenadines
Ou d’être un pirate parmi des marins ivres.
Ma terre d’élection est plutôt la montagne
Dont les vagues figées me font beaucoup moins peur
Dont les cimes altières, parlent plus à mon coeur
Que les sombres abysses, où la lumière meurt.
C’est la houle des blés, ou les verts pâturages
Où je m’en vais voguer, sur des flots bien plus sages
C’est au cœur des forêts, où j’entrevois le ciel
Même si la tempête, y souffle tout pareil.
C’est la neige qui habille tout de son masque blanc
Plus forte que l’écume qui ourle l’océan 
C’est la neige où l’on glisse sur un grand toboggan
Comme le fait en mer, le vol du goéland.
C’est cet air tout chargé de senteurs de prairies
Ou d’odeurs de résine ou de foin à midi
La brise n’est marine, elle est ici aussi
Porteuse sinon d’iode, mais toujours d’énergie.
Comme il y a on sait, gentils marins d’eau douce
Je suis un montagnard, mais pas des grands sommets
J’aime de la montagne, les flancs en pente douce
Et bien plus ses forêts, que ses cimes glacées.
Aussi ce que j’en chante, ce n’est l’inaccessible
Le terrain des exploits, que certains ont pour cible
C’est ce monde enchanté, où vivent on sait les biches
Et les pentes boisées où sont ses vrais délices.
Pierre-Jean BOUTET
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