Fable de tous temps et de tous pays
Au pays des scarabées.
Dans ce coin de campagne assez bien isolé 
Vivaient pauvres et tranquilles de jolis scarabées 
De façon bien rustique, ils étaient loin de tout
La nature est hostile mais y pourvoie à tout.
Hélas les choses changent comme le fait le temps
La rivière n’arrose plus les lieux tout autant
D’autres l’ont détournée, pour s’y baigner dedans
La pluie ne tombe plus, comme elle faisait avant.
Un scarabée alors, bientôt deux, bientôt trois
Décident d’aller voir, ailleurs, s’ils peuvent y vivre
La rumeur est venue, qu’il y a très loin de là 
Un endroit où l’on peut, être heureux et libre.
Ils font leurs balluchons, et quelques provisions
Ils disent au revoir, bientôt nous reviendrons
Ils partent le coeur gros, mais tout rempli d’espoir
Vers ce lieu très lointain, pour des scarabées noirs.
La route est bien longue, avec bien des dangers
Souvent on y rançonne, les pauvres scarabées 
Ils se heurtent aux barrières, que d’autres ont dressées 
Pour empêcher l’accès, aux endroits espérés.
Mais nos trois scarabées ont rencontré en route
Bien d’autres scarabées comme eux en déroute 
Ils n’ont guère de choix, que d’aller coûte que coûte
Vers ces lieux dits de paix, ne sont permis les doutes.
Alors beaucoup se blessent, ou même ils se noient
En voulant traverser sur des coques de noix
La très large rivière, formidable obstacle
Mais comment renoncer, sans risquer la débâcle ?
Sur l’autre de ses bords vivent des hannetons
Si beaucoup sont hostiles, on en compte des bons
Qui veulent accueillir, leurs frères scarabées 
Mais d’autres plus nombreux, y sont très opposés.
Pourtant des hannetons, ne sont-ils pas coupables
D’avoir des scarabées, fait la vie invivable ?
De diverses manières, dont on sait maintenant
Qu’elles ne sont que le fruit, d’appétit dévorant.
Malgré tous ces malheurs, quelques uns réussissent 
C’est certes difficile, mais au moins ils survivent
À présent on le sait, chez tous les scarabées
Il se peut qu’il en parte, à présent, par milliers.
Hélas la triste histoire, elle n’aura de fin
Que si les uns comprennent, ce que scarabées espèrent 
Et créent ces conditions, d’un avenir prospère 
Où dans ce beau pays, on n’aura jamais faim.
Pierre-Jean BOUTET
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