La ligne droite
T’es tu déjà roulé dans les volubilis
Avec à la bouche un sourire complice
Pour partager un peu de leurs si doux délices 
Quand le parfum des fleurs, te mettait au supplice ?
As-tu déjà rêvé des étranges volutes
Que tracent les fumées, issues des becs de flûte 
Quand soufflent les musiques, que les fées exécutent 
Et lancent dans l’azur, dans tous les azimuts ?
As-tu déjà suivi les circonvolutions
De toutes ces nations qui font révolution 
Les fruits de leurs passions, toutes en contradictions
Et au bout tout pareil, le pouvoir fait pression.
As-tu bien ressenti toutes ces turbulences
De ton sang qui bouillonne, de ta vive impatience 
Quand s’offre un beau jour à ta concupiscence
Celle dont tu rêvais sans en prendre conscience ?
Les as-tu remarquées, les belles arabesques
Dessinées sur les murs, par la main des mauresques
Si tu les suis des yeux, lors tu t’y perdras presque
Dans l’art si accompli, des œuvres barbaresques.
Je le sais tu te perds, dans les plis chantournés
Des robes qui te font souvent tête tourner,
Jamais pour toi ne passe, même une journée
Sans que tu t’en enivre, et à pleine fournée.
Tu as la sainte horreur de toute ligne droite
Où l’imagination n’a qu’une place étroite 
Tu aimes avant tout plutôt ce qui miroite
C’est de tout ton élan qu’alors tu le convoites.
Pierre-Jean BOUTET
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