Au son de l’angélus 
Au son de l’angélus qui court sur la campagne
Où pointent des clochers encore un peu vivants
Je parcours les chemins où j’évacue ma hargne
Ce trop plein de colère qui m’échauffe le sang.
Pourquoi tant de bêtise, de violence et de haine
Nous en sommes abreuvés, quelles que soit les chaînes
Qui ne savent informer que de tous les malheurs
Chaque jour nous baignons, dans un flot de terreurs.
Je voudrai dessiner un monde plus paisible
Ou vivre et aimer il nous soit plus loisible
Mais mon crayon hésite à tracer ses contours
Car ce monde n’existe nulle part en ce jour.
À nos corps défendants, nous sommes tous complices
De tous ces grands désastres vers lesquels tous on glissent
Chacun dans notre bulle, de plaisirs ou supplices
Entraînés par ces vagues, droit vers le précipice.
Grappillons si pouvons, quelques grains de beauté 
Ce monde en est plein quand elle n’est pas souillée,
Jouissons encore un peu de moments de bonheur
Avant que de tout ça, le destin sonne l’heure.
Rien tout autour de moi ne devrait m’alarmer
Dans l’endroit où je vis tout semble préservé 
Je hurle ma tristesse de tout ce que je sais
Que vivent dans le monde des millions d’opprimés,
Cette illusion de paix dans ce coin reculé
Ne me fait oublier qu’hélas tout est lié 
Sur la boule perdue dans l’infini des cieux
Où vivent tous ces pions, qui se prennent pour dieux.
Pierre-Jean BOUTET
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