Tu es manteau.
Tu es manteau, tu es pelisse
Pourquoi sur ma peau, tu te glisses
Tu es écharpe, tu es bourrasque
Pourquoi à mes yeux, tout me masque ?
Tu t’abandonnes blanche et lascive
À t’arpenter toi tu m’invites
Pour étouffer mieux tous mes pas
Pour me perdre dans tes frimas.
Tu es caresse assassine
Quand à travers on ne devine
Plus ni les monts ni les collines
Tes sortilèges ont la peau fine
Tu te déverses en flots de plumes
Puis tu te glaces comme une enclume
Quand le soleil lèche ta surface
Tout doucement toi tu t’effaces.
Quand c’est le temps que tu t’épanches
Lors la planète devient blanche
Bien habillée comme un dimanche
Tu as ce tour bien dans ta manche.
Tu as ce don de rendre gais
D’humeur joyeuse, petits et grands
Qui retrouvent âmes d’enfants
À travers les boules lancées.
Vents et soleil jouent avec toi
Tempêtes et poids sur les toits
T’emporteront avec le temps
En vapeurs ou écoulements.
Tu es manteau, tu es artiste
Lorsque tu entres ainsi en piste
On sait à toi rien ne résiste 
Tu rends la joie même aux gens tristes.
C’est ta saison tu en profites
Si tu t’en vas, vas pas trop vite
C’est bien chez toi là où j’habite
Ma jolie dame je t’y invite.
Pierre-Jean BOUTET