La boîte où gît la mort.
Je n’ouvrirai jamais, la boîte où gît la mort 
De peur de contempler sa trop hideuse face
M’arrive d’y penser, le soir quand je m’endors
Je la sais ricaner, cette pensée me glace.
Parfois je l’ai croisée, par l’effet du hasard
Quand elle aurait pu interrompre ma course
Ce n’était pas mon heure, ou j’étais un veinard
Je me dis que bientôt, faudra que je rembourse.
J’ai senti son parfum, chargé de fumées âcres 
Bien présente aussi, dans tous ses simulacres
Au cœur des cimetières, dans le froid des chapelles
Je l’entends quelquefois, insistant, qui m’appelle.
Lorsque j’ai honoré, le départ des défunts
Elle m’a fait des clins d’œil, que je sais assassins
J’ai bien vu son sourire et ses regards en coin
Qui n’étaient, croyez-moi, pas un instant coquins.
Quand sifflera sa faux, résonnera son rire
Qu’elle viendra pour ma peau, et pour me voir mourir
Je ne serai pas prêt, mais toujours en révolte 
J’aime trop cette vie, où mon cœur virevolte.
Ne donnez pas les clefs, à la mort, pour vous prendre
Elle est derrière la grille, et elle peut attendre
Il sera toujours temps, que vienne votre tour
Que se ferment vos yeux, à votre dernier jour.
Pierre-Jean BOUTET
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