L’étranger ne m’est pas étranger.
L’étranger ne m’est pas étranger, c’est un homme
Son chemin, une route tracée pour sa survie
Son errance une épreuve, quand on lui a tout ravi
L’étranger ne m’est pas étranger, je le nomme.
Sa maison c’est la terre qui est à partager
Il est né en enfer, ça pouvait m’arriver
Son pays ravagé, son destin est si sombre
Et ce n’est qu’un début, il va grossir son nombre.
Vais-je alors bras croisés regarder sa misère 
Rejeter ces humains, les voir noyés en mer ?
Vais-je fermer les yeux sur la réalité 
Et toutes mes valeurs aussi les renier ?
L’étranger ne m’est pas étranger, c’est un homme
Sa recherche effrénée n’est même pas un choix
Il est tout comme moi, et de vivre il a droit
L’étranger ne m’est pas étranger, je le nomme.
Qui s’en va de chez lui, s’il n’en est pas chassé ?
Parti contre son gré, fuyant famines ou guerres 
Qui n’y peut revenir moi je n’en connais guère 
Sans risquer pour sa vie, d’y être terrassé ?
C’est la dernière chance, c’est d’aller de l’avant
Vers cet eldorado, oui vers cet occident
Que l’on dit si prospère, on le voit sur l’écran 
Où on se désespère, bien qu’il y ait tant d’argent.
L’étranger ne m’est pas étranger, c’est un homme
Une femme un enfant, un comme moi en somme
Je ferai comme lui si j’étais acculé 
L’étranger ne m’est pas étranger, je le sais.
Pierre-Jean BOUTET
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