Traces invisibles.
Une tâche invisible au milieu des blizzards
Un flocon égaré tout au sein des tempêtes
Un esprit singulier traversé de hasards
Une histoire oubliée, qui n’a ni queue ni tête,
Bien d’autres choses encore qui n’ont d’autre décor 
Que les vues dérisoires, qu’ont des esprits retors
Des âmes trop étranges pour y croire encore
Qui cherchent la logique avant tout et d’abord.
Toutes ces illusions qui séduisent toujours
Cette envie de prouver qu’il existe un cours
Que ce n’est le hasard qui triomphe toujours
S’il y a autre chose, c’est erreur de parcours.
Juste des accidents, dans l’infini des cieux
Même pas des jouets, pour d’invisibles dieux
Peut être des miracles, s’il y avait des yeux
Pour contempler tout ça, le trouver merveilleux.
Un soupir échappé, de lèvres humides et chaudes
Quelques mots murmurés, pendant quelques secondes
Des images furtives qui s’effacent déjà 
Comme autant de mirages, qui se noient dans le temps.
Que de milliards de vies, que de milliards de mots
Que gaspille le temps, qui n’a d’autre propos 
Que de couler rapide, sans trêve, ni repos
Et nous traces invisibles, puisqu’il n’a pas de peau.
Pierre-Jean BOUTET