Combien elle fut douce.
Au milieu des genêts, je vivais mes printemps
Je cueillais dans les bois des asperges sauvages
Je trouvais dans les livres, dans leurs milliers de page 
Bien d’autres aventures et bien d’autres images,
Je n’avais pas conscience de cette liberté 
Dont alors je jouissais en toute innocence
C’est sans doute cela, le cadeau de l’enfance
Vivre sans la connaître cette pure insouciance.
Je jouais dans la cour, serrant mon sac de billes
Plus soucieux je l’avoue, de gagner que de filles
Quand je grimpais aux arbres, même si j’avais peur
C’était plus pour mes frères, pour être un des leurs.
Car j’étais le petit, le chouchou à leurs yeux
Celui que les parents trouvaient si merveilleux
Le petit garçon sage, bon élève en tout
Et le petit dernier, auquel ils passaient tout.
Certes nous nous aimions, mais nous étions jaloux
De cette attention, pour chacun d’entre nous
L’aîné parce que plus grand, prenait le contrecoup
Pour toutes les bêtises, que nous faisions bien tous.
Nous n’avions la télé, et pas trop de jouets
Mais dans mon souvenir, jamais ne m’ennuyais
Tout m’était un prétexte pour voir et observer
Et surtout, c’était chouette, pour tout imaginer.
Mes journées étaient pleines, régulières toujours
Je me levais bien tôt pour aller à l’école 
Il y avait des devoirs à faire tous les jours
Ce qui n’empêchait pas que mon esprit s’envole.
On m’a bien épargné autant qu’on l’aura pu
Les chagrins de la vie que les autres ont connus
J’ai eu autant d’amour qu’on m’en pouvait donner
De cela je ne puis que tous remercier.
Je pourrai tout vous dire, des blessures ou délices 
Ce que fut mon enfance, vous donner d’autres indices
Mais je ne parviendrais, à mieux vous expliquer
Combien elle fut douce et que j’en ai regret.
Pierre-Jean BOUTET
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