Vient un moment où...
Je suis las de rester, et trop las pour partir
Mon esprit vagabonde, il est seul à courir
Combien vaste est le monde, mais il m’est interdit
Je n’ai plus comme ronde, que celle des soucis.
Je rumine immobile, sur tous mes jours enfuis
Je reviens sans arrêt, sur des moments précis,
Pour y puiser sans doute quelque belle énergie
Qui me manque à présent, que je suis planté ici.
Une vie à bouger, a-t-on jamais tout vu ?
Une vie à chercher, mais quoi, l’a-t-on bien su ?
Les images se brouillent, quelles sont celles vécues 
Comment les reconnaître, de celles qu’on a vues ?
Le monde est devenu, tout d’un coup très petit
L’autre bout de la terre il est tout près d’ici
Et l’on peut se parler, on peut même se voir
Comme si l’autre était, à l’envers du miroir.
Je suis dans le désert, ou au sommet d’un mont
Je visite Denvers, ou est-ce le Japon
Je puis apercevoir par delà le hublot
Notre terre ronde et bleue, vue depuis tout là-haut.
Pourquoi donc bougerais-je le monde vient à moi
Mais ce sont des images, je n’y suis pas vraiment
Que pourrai-je trouver, qu’on ne connaît déjà 
Mais ce n’est par moi même, que je le sens vivant.
Vient pour tous un moment, où on n’engrange plus
Peut être est ce celui, où chacun restitue
Un peu de l’expérience, de ce qu’il a compris
Le problème est bien, que ça n’a plus de prix.
On passe le relai dans un monde qui change
Si c’était vrai pour moi, pour toi c’est bien étrange 
Tout ce qu’on a connu dans le passé s’estompe
Voilà le nouveau monde qui s’avance en trombe.
Pierre-Jean BOUTET
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