Le ban du banc
Posé dans des endroits, au bord de quelque route
Au détour de sentiers, en haut d’une redoute
À l’ombre protectrice d’un arbre, contre un mur
Sur le trottoir des villes, ou en pleine nature,
Tu attends sous la pluie, le vent, même la grêle 
Sous le soleil d’été, sous des couches de neige
Quelqu’un qui viendra bien, répondre à ton appel
S’asseoir pour un moment, le temps que tout s’apaise
Qu’un musicien y cherche quelque nouvel arpège 
Ou qu’un couple d’amant se pose et s’y baise
Qu’un lecteur passionné, s’y attarde un peu
Qu’un coureur y attende, que se calme son feu,
Tu perdras ton vernis, ta belle apparence
Sous les assauts du temps, mais ce sera ta chance
Fondu dans le décor, tu as trouvé ta place
Ne diront le contraire, les amants qui s’enlacent.
C’est d’ailleurs bien souvent, qu’en des endroits choisis
On regrette très fort de n’y être assis
Sur le socle accueillant, que tu pourrais offrir
Pour méditer un peu, avant de repartir.
Dis moi donc ces histoires, que tu as partagées 
Au fil de ces années, qui se sont écoulées 
Tous ces gens qui un jour, sur toi se sont posés 
Et t’ont fait confidences, sans même y penser.
On ne songe jamais à te mettre au musée 
Comme du patrimoine ces très rares objets
Pourtant tu es unique, dans ta diversité 
Toi mon ami le banc, dans ta banalité.
Pierre-Jean BOUTET
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