Quelques mots griffonnés 
Voilà le crépuscule, je suis sous l’abat-jour
La lumière recule, c’est la tombée du jour,
Point besoin de calcul, le soir a pris son tour
La lumière bascule, sera-t-elle de retour ?
Elle est partie à l’aube, sept heures je crois bien
Dedans sa jolie robe, lorsque le soleil vient
Mais cela me taraude, quand c’est qu’elle revient
Le sol là se dérobe, lorsque je me souviens,
De notre désaccord, de la forte dispute
D’avoir heurté son corps, de sa sévère chute
Du silence de mort, tout ce qui me rebute
C’est vrai que j’ai des torts, ce n’était pas mon but,
Que la journée fut triste, presque interminable
J’ai fait, refait la liste, tant je me sens minable
De tout ce qui l’attriste, et dont je suis coupable
Si je reviens en piste, d’excuses je suis capable.
Si elle me pardonne, ce sera un miracle
Notre vie sera bonne, il n’y aura plus d’obstacles
Plus jamais ne m’adonne, ne me donne en spectacle
Aux boissons, à l’alcool, sources de ma débâcle.
À la porte on tape, petits coups répétés 
Mes cliques et les claques, me suis précipité 
Quelque chose me frappe, un sursaut de gaité 
Peut être une attaque, tant je suis excité,
Alors j’ouvre la porte, je vois tête baissée 
Un homme dans ses mains fortes, une robe froissée 
Votre femme est morte, sur la berge a laissé 
La robe que j’apporte, et ce mot cacheté.
Entre mes mains qui tremblent, le papier est plié 
Comme ça il ressemble, à un oiseau blessé 
Je l’ouvre et il rassemble quelques mots griffonnés 
Adieu c’est plus possible, et pourtant je t’aimais.
Pierre-Jean BOUTET
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