Montrer l’horreur
Ma plume joue les Cassandres plus souvent qu’à son tour
Je sais, elle vous assomme de peu plaisants discours
Pourquoi galope-t-elle comme ces cavaliers
Hérauts d’apocalypse et porteurs de dangers ?
Elle sait s’amuser à chanter la tendresse
Elle ne répugne pas à parler de caresses
À louer la nature et toutes ses largesses
À moquer un peu l’homme et toutes ses faiblesses.
Si elle avait le choix elle vivrait dans un monde
D’amour et de beauté sans compter les secondes
Dans cette éternité de joie et voluptés 
Combien elle aimerait pouvoir s’abandonner.
Hélas il faut en convenir, le monde est tout autre
Il est peuplé de bien mauvais apôtres 
Qui se sont fourvoyés sur des voies sans issue
Qui nous mènent très loin du paradis perdu.
Lors ma plume est porteuse de ces réalités 
Elle parle au nom, des bonnes volontés 
De tous ces gens sans voix, de toutes ces victimes
Tant celles d’aujourd’hui, que de ces futurs crimes.
Ma poésie ne prétend confiner aux beaux arts
Elle essaie d’exprimer et c’est bien par hasard
Ces choses difficiles et tous les traquenards
Que préparent aujourd’hui tous les nouveaux barbares.
Elle ne cherche à plaire, juste toucher les cœurs 
Elle ne prétend à rien, surtout pas aux honneurs
Être un peu compris, c’est déjà un bonheur,
Même si pour cela il faut montrer l’horreur.
Pierre-Jean BOUTET
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