Fin de partie
La poussette dévale comme folle à lier
Le rire du diable s’entend dans l’escalier
Tous les compteurs s’affolent il est temps de crier
Lorsque la fin est proche, rien ne sert de prier.
Et le temps des prophètes lui est bien dépassé 
C’est la course en tête que l’homme à présent fait
Faites encore la fête tant que vous le pouvez 
J’entend le diable rire, il n’a pas l’air pressé.
Nous sommes un feu de paille devant l’éternité 
Ne restera de nous, même de la fumée 
Quelques pierres sans doute gisant sous la poussière 
À quoi servent dès lors toutes nos prières.
De nos capacités, de notre potentiel
Qui nous a bien permis de conquérir le ciel
Nous n’avons su mieux faire que de l’artificiel
Sans voir ce qu’apportaient et le lait et le miel.
Nous avons oublié que nous étions d’abord Des enfants de la terre, invités à son bord
Et non des voyageurs, des pillards de passage
Nous n’avons pas compris, ce qu’était être sages.
Notre barque dérive, entraînée par le flot
C’est bientôt qu’elle arrive, c’est la chute de trop
Les compteurs sont bloqués sur un chiffre à nouveau 
Dernier essai connu, Humanité zéro !
Pierre-Jean BOUTET