Regrets
 
Que ne t’ai-je donné cette envie de me suivre
De prendre ces chemins lorsque moi ils m’enivrent
De tracer comme moi des routes inconnues
Au milieu de jardins tous remplis d’imprévus
 
Je n’ai su te transmettre ce goût pour avancer
Cette curiosité qui peine à renoncer
La constante impatience d’aller voir au delà
L’amour des connaissances, celles que l’on n’a pas.
 
Sans doute accaparé par mes propres recherches
Je ne t’ai pas tendu alors la bonne perche
J’ai été trop absent pour être vraiment père
Et sans doute distant ce n’était volontaire.
 
Je n’étais un exemple lorsque je revenais
En t’offrant ce spectacle, d’un être harassé
Sans un kopeck en poche et même mal rasé
Comment comprendre alors pourquoi je souriais.
 
J’étais riche vois-tu de nouvelles aventures
Heureux lorsque j’étais perdu dans la nature
Tête dans les étoiles ou voyant la ramure
D’animaux inconnus à la belle allure.
 
J’étais plein d’expériences acquises un peu partout
Au contact de ces gens si semblables à nous
Pourtant si différents dans leurs façons de vivre
Si curieux dans leurs choix d’être des hommes libres.
 
Mes sacoches étaient pleines de carnets de voyage
Des pages bien noircies, j’en voudrais plus encore
De ces notes sur tout, pour moi le vrai trésor
J’en ramène toujours et j’en veux davantage.
 
Je ne t’ai pas donné cette envie de me suivre
Je n’ai pas su m’ouvrir pour un meilleur partage
Je ne fus pas un père car toujours en voyage
Mais je t’écris ces mots en guise d’héritage.
 
Pierre-Jean BOUTET
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