Quelques poignées de terre.
À peine répandues quelques poignées de terre
Récités des hommages convenus et bien ternes
À peine terminée cérémonie funèbre 
Que déjà oubliés tous ces êtres sans terre.
Avant même leur mort ils ont vécu l’enfer
Tous tendus qu’ils étaient vers tout ce qu’ils espèrent 
Pour construire une vie, un projet, un foyer
Sur les routes du monde ils se sont déployés.
Ne resteront au mieux quelques tombes anonymes
Ou ossements blanchis dans des fosses marines
Des milliers de victimes de ce monde en folie
De cette humanité qui n’a plus qu’un seul lit.
Eux avaient bien compris que nous n’en sommes qu’une
De nos anciennes erreurs n’avaient pas de rancune 
Nous restons attachés à de vaines promesses 
Ne sachant accueillir ces frères en détresse.
Nous avons plus de larmes, qu’en ont les crocodiles
C’est qu’on veut, après tout, qu’on nous laisse tranquilles
En quoi la compassion peut-elle être utile
Quand générosité se montre si fragile ?
À peine ont ridé nos consciences inquiètes 
Tous ces morts par milliers dans ces barques trop pleines
À peine visionnées ces images de peine
Que déjà oubliées tant ces vies semblent vaines.
Pierre-Jean BOUTET
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