La roue du destin
Le vieux sage est las, que pourrait-il nous dire
Qu’il n’ait dit ou écrit tout au long de sa vie
Aveux de ses erreurs et conseils d’expériences
Déjà tous oubliés, noyés dans nos consciences.
Mais que retenons-nous des leçons des anciens
Sommes-nous donc si sûrs, du savoir qu’on détient ?
Dans la course effrénée où nous sommes entraînés
Si on tourne la tête on risque de tomber.
Le sage a beau crier au loup, au précipice
Nous avons consenti bien trop de sacrifices
Pour nous arrêter là pour nous poser un peu
Et pour se demander mais où va-t-on bon dieu ?
Le vieux sage est allé, si haut aussi si loin
Pour comprendre d’où il est, et à voir ce qui vient
S’est-il trop dégagé de notre quotidien ?
Est- ce donc pour cela qu’on ne l’entend plus bien ?
C’est comme un grand troupeau soulevant la poussière
Fonçant dans le désert ébloui de lumières 
Qui ne voit devant lui la grande faille ouverte
Entraîné, confiant, dans les promesses offertes.
Dans cette course folle s’envolent les prières
Les conseils des vieux sages ressemblent à des pierres
Semées sur ce chemin dont la vue les enivre
Comme tous leurs voisins, ils veulent tous mieux vivre.
Alors on est aveugle et sourd à toutes alarmes
Car cette vie qu’on mène nous tente et nous charme
Même si quelque part elle ne mène à rien
Qu’à plus accumuler de choses et de biens.
Le vieux sage hélas voit la roue du destin
Tourner inexorable sur ce même chemin
Il s’assied et il pleure car il n’y peut plus rien
Sinon mêler son nom à tout le genre humain.
Pierre-Jean BOUTET
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