Les canaux de Fontpédrouse 
Nous étions ce matin bien neuf et non pas douze
Pour aller promener autour de Fontpédrouse 
Le circuit des canaux courant sur les coteaux
Il était ce jour là de faire dans nos propos.
L’attaque est bien raide jusqu’à la voie ferrée 
Jusqu’au premier canal il nous faut ahaner
Ensuite le chemin s’élève doucement
On dit un grand merci aux paysans d’antan,
Il dessert ces terrasses qu’on nomme ici feixes
Et va jusqu’au canal dessous le roc de l’aigle,
Celui qui dessert Llar et aussi Canaveilhes
Et apporte cette eau chère aux prés et aux bêtes.
On découvre un refuge où les chasseurs s’abritent
Son état d’abandon nous donne des soupçons
Est-il utilisé, c’est là la vraie question
Un portoir à gibier est peut être une piste.
Ils firent des miracles les hommes autrefois
Pour construire l’ouvrage qu’il fallait avoir foi
Nous admirons vraiment leurs exploits en ces lieux
La montagne est hostile, ils ont fait de leur mieux.
Nous marchons tout du long de la longue goulotte
Sur le chemin de pierres nous faisons bonne trotte
Dominant la vallée avec vue sur les monts
Qui de l’autre côté dessinent l’horizon.
Un joli promontoire nous offre un beau site
La halte déjeuner pour y faire on n’hésite 
Un abri bien rustique y accueillait peut être 
Ceux qui ont pu construire le canal qui s’enterre.
Arrive le moment où il faut redescendre
Par des chemins jadis que beaucoup devaient prendre
Salut aux anonymes qui ont fait ces murets
Que longent ces sentiers qu’ils ont consolidés.
Vous ai-je dit aussi que le temps était doux
Que flottaient dans le ciel des nuages jaloux
D’un ciel encore bleu quand l’arrière saison
Semble avoir oublié d’apporter des frissons.
Voilà la promenade qui fit bien consensus
Qu’on soit un bon marcheur ou qu’on soit plus chenu
Parmi une nature encore préservée 
Grâce au fait qu’elle n’est plus encore exploitée.
Pierre-Jean BOUTET