Tout seul, abandonné 
Parmi toutes les choses terribles ou injustes 
Certains mots y résonnent pour moi depuis des lustres
Sans que je ne les aie pour ma part trop subis
Pas plus à l’âge adulte que quand j’étais petit.
Abandonné et seul, voilà qui terrifient
Au plus profond de moi comme ces mots je fuis
J’ai tant besoin des autres de leur présence amie
Que je ne m’imagine tout seul dedans ma nuit.
Comme pourtant j’admire ceux qui savent être seuls
Se suffisent à eux mêmes, n’éprouvent pas de peur
À affronter solo l’épreuve en solitaire,
J’attendrai pour cela d’être dans un linceul.
J’entends par être seul, vivre seul jour et nuit
N’avoir à ses côtés de compagne ou d’ami
Pour de longues journées n’avoir d’autre échanges 
Qu’avec son canari, son chat ou bien les anges.
Pas de main à serrer, d’oreilles en confidences
Pas de petit baiser ou de gentille danse
De sourires échangés, de longues promenades
De soucis partagés, de chaudes embrassades.
Savoir qu’il n’y a personne qui se soucie de vous
Qui éprouve pour vous un petit peu d’amour
Qui aime à vous voir, faire un petit tour
Pour la conversation ou pour un câlinou,
Combien la solitude peut alors vous peser
Vous faire vous sentir même un peu inutile
Combien votre existence peut vous sembler futile
Puisqu’il n’y a personne pour s’en soucier.
Ceux qui sont dans ce cas meurent à petit feu
La chandelle en eux s’étouffe peu à peu
Jusqu’à ce qu’ils s’éteignent sans personne autour d’eux
Voilà un sort funeste qu’ils vivent trop nombreux.
Pierre-Jean BOUTET
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