Mais qu’en restera-t-il ?
De tout ce que je vois mais qu’en restera-t-il,
Des cheminées d’usine ou de ce Monoprix ?
Peut-être la montagne aux crêtes enneigées 
Mais même la rivière elle peut s’assécher.
Dans ce temps de nos vies où rien n’est immuable
Sauf parfois le décor quand il n’est pas de sable
Nous voudrions retenir et figer pour toujours
Tout ce que nous aimons mais ainsi va l’amour.
Nous sommes des bouchons ballotés par le fleuve
Comment pourrions-nous donc nous fixer un moment
Alors que nous savons qu’il suffise qu’il pleuve
Pour effacer sur l’herbe la trace des amants.
Car de tout ce que j’ai, que je crois bien tenir
Au fil du temps qui passe, que vais-je retenir ?
Caresses et sourires sont comme on sait fugaces
Il n’y a que les photos qui en gardent une trace.
Et tout ce que je sais où que je crois savoir
Demain ne se retrouvera que dans de vieux grimoires
Sous les yeux des enfants, de leurs nouveaux espoirs
Témoignages discrets en guise de mémoire.
Pierre-Jean BOUTET
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