À grandes eaux
Elle est source de vie, elle est source d’abord
Elle coule autour de nous, elle coule dans nos corps
Elle inonde les terres, rend prospères les champs
Au bord de la rivière on écoute son chant.
Elle règne en maître sur tous les océans 
Elle conquiert le ciel par ses nuages blancs
Elle irrigue les terres de ses fleuves changeants
Elle est la plus fluide des quatre éléments.
On la boit, on s’y baigne partout où elle ondoie
Qu’elle manque, on souffre, on sait ce qu’on lui doit
Et ces larmes qui coulent de nos yeux pleins d’effroi
Sont un prix à payer, un tribut à sa loi.
Elle est miroir tranquille ou tempête terrible
Son accueil est paisible, sa colère indicible
Variables ses humeurs et vivants paradoxes
La fonte des glaciers et les crues d’équinoxe.
Quand monte la salive qui réveille ma bouche
Quand gémit tout mon corps sous ton eau peu farouche
Quand je goûte cette eau qui jaillit de ma douche
Grandes et petites eaux, si fortes ou si farouches.
Pierre-Jean BOUTET
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