Si...
Si le temps est un fleuve, c’est alors sur ses rives
Que j’aimerai m’asseoir pour voir les hommes vivre
Bien à l’abri du flot qui charrie leur souffrir
Dans le lent trémolo de leurs cris de désir.
Si le temps est un train, je veux rester en gare
Pour regarder passer les hommes qui s’égarent 
Bien au repos assis, observer leurs espoirs
Dans le vain défilé de leurs rêves de gloire.
Si le temps est horloge, je veux être celui
Qui échappe à l’aiguille qui les hommes vieillit
Bien à l’écart assis, contempler les ennuis
Où ils se sont plongés tout au long de leurs vies.
Si le temps est la pente où glisse ce qui est
J’aimerai m’accrocher à une aspérité 
M’y poser si possible, voir les hommes glisser
Qui n’ont assez conscience de leurs erreurs passées.
Mais le temps tout emporte et ne fait exception
Je suis l’un de ces hommes et il n’est pas question
Que j’échappe au destin qui efface les hommes
Comme fait du dessin sur la page une gomme.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com