Méandres.
La vie est pour beaucoup comme une longue route
Parsemée des obstacles qui nourrissent leurs doutes
Ouvrant sur des chemins que parfois ils écoutent
S'achevant néanmoins par leur corps en déroute.
C'est un grand labyrinthe aux yeux de bien des autres
Qui ont pour se guider besoin de ces apôtres 
Qui prétendent toujours savoir la vérité 
Qui éclaire la route des plus désespérés.
N'est-ce plutôt un fleuve qui charrie dans ses eaux
Tous les êtres humains qui sont pris dans son flot
Qui les conduit au gré de ses crues trop soudaines
Vers des rives au hasard de ses curieux desseins.
Ne serait-elle pas plutôt un très grand livre
Dont on écrit les pages par nos façons de vivre
Quand on sait que d'aucuns choisissent d'en être ivres
Quand d'autres ont préféré décider d'être libres.
Ou alors un tableau dont les couleurs varient
Pour beaucoup ils le voient comme un charivari
Une trame trop floue où l'on souffre, on rit
Mais sans de vrais motifs tant il est peu précis.
Pour moi c'est un poème héroïque et beau
Cruel hélas quand même, parfois il en dit trop
J'en apprécie la rime quand il est harmonie
Pourtant il me déprime quand il dit l'infamie.
Ce sont d'abord les hommes qui décident du cours
Celui qu'elle prendra, la haine ou l'amour
Car ils créent leurs problèmes, c'est eux jour après jour
Qui tissent cette toile et ce depuis toujours.
Pierre-Jean BOUTET