Sur leurs mille ailes
Quand ma plume ou mon doigt suspens parfois sa course
Pour aller en montagne accomplir quelque course
Pour agripper plutôt la roche à main nue
Que saisir tous ces mots qui ne se cachent plus,
Quand la vie me distrait de mon activité 
Celle que je préfère avec avidité 
Composer sur la page lorsqu’elle m’est offerte
Voir le texte qui naît, la belle découverte,
Quand je suis empêché, car voilà il faut vivre
De boire à ce calice jusqu’à en être ivre
À la folle fontaine d’où jaillissent les mots
Où je me désaltère de leurs moindres propos,
Quand je fais sacrifice d’un peu du temps que j’ai
Pour faire société ou mener des projets
Qui m’éloignent alors de cet acte d’écrire 
Qui musellent ma muse au risque de souffrir
Ils se rappellent à moi et forment dans ma tête 
Des phrases ou des vers ils s’en vont en conquête 
Les mots veulent exister pourquoi m’ont-ils choisi
Brusquement il y a deux ans, mais je leur dit merci.
Ils me sont devenus des compagnons fidèles 
J’entretiens avec eux un singulier dialogue
Qui vu de l’extérieur paraît un monologue
Mais qu’ils l’emportent loin, depuis j’ai mille ailes.
Pierre-Jean BOUTET
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