Un bonjour
Au moins dire bonjour, pour qu’au moins l’autre existe
Dire au moins quelques mots quand on croise sa piste
Plus que de la courtoisie c’est de l’humanité 
Reconnaître que l’autre puisse aussi exister.
Marque élémentaire d’une once de respect 
Celui qu’on doit à l’autre quand on est éduqué 
Comme un être social membre d’une tribu
Qui porte le nom d’homme d’abord comme attribut.
Lui accorder quand même, même un simple regard
Attendre en retour un minimum d’égard 
Échanger par cela cette humble connivence
Qui lie dans la nature les êtres de même essence.
Ne passer son chemin sans tendre cette main
Certes elle est symbolique mais on en a tous faim
Que serait-on sans ça, que serait-on enfin
Si on s’ignorait tous dans le monde demain ?
Saluer de la tête, marmonner un bonjour
Combien ceux d’entre nous qui le font tous les jours
Dans les villes on se croise, on s’éviterait même 
Chez moi à la montagne il n’en est pas de même.
Sur les chemins perdus quand se fait la rencontre
Bien on se reconnaît comme du même monde
Jamais ne nous viendrait pas même une seconde
L’envie que d’ignorer tous les gens qui se montrent.
Deux milieux différents, deux milieux bien hostiles
Chacun à sa façon, la montagne et la ville
Alors que l’une vous invite à l’autre saluer
Dans l’autre vous vous sentez par l’autre menacé.
Où est la solitude vous pouvez deviner
Quand se perd l’habitude de l’autre regarder
Accordez un sourire alors de temps en temps
Une parole aimable, vous créez le courant.
Pierre-Jean BOUTET
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