Dans les maisons de mon enfance
Elles sont toutes là gravées dans ma mémoire
J'ai pour chacune d'elles combien de souvenirs
Quand je ferme les yeux reviennent tant d'histoires
Vécues dans mon enfance où je peux revenir.
J'en visite souvent chacune de leurs pièces
Pour ne rien oublier des décors familiers
De nos dégringolades dans le grand escalier
De cette cave sombre dont on craignait les pièges.
De la grande armoire de son aigle sculpté 
Dont je craignais le soir les griffes acérées 
La roue à manivelle de la pompe à eau
Qu'on tournait comme fous tant c'était rigolo,
Les grands pins du jardin qu'alors on gravissait
Pour dénicher les pies ou bien les écureuils
Les cigales aussi lorsque venait l'été
Qu'on allait attraper comme des fleurs qu'on cueille.
Les raisins de la treille qui pendaient abondants
Au dessus de nos têtes comme autant de présents
Les figues et les fraises qu'on mangeait au jardin
Qui nous semblaient attendre la venue de nos mains.
Ces chambres où on jouait, batailles mémorables 
Oreillers édredons étaient en ce temps là 
Les jouets familiers dont nous étions capables
De faire des châteaux dessus les matelas.
Ces cuisines chargées d'odeurs appétissantes 
Ce lieu privilégié des goûters de l'enfance
Les tartines beurrées étaient toujours tentantes
Et la pâte de coing était la récompense.
Les tables familiales toutes de mets chargées 
Où nous étions ravis devant un cassoulet
Ces Noëls répétés devant la cheminée 
À déballer joyeux les papiers colorés,
La douce promenade qu'alors souvent je fais
Dans toutes les maisons qui ont abrité l'enfance
J'aime à vérifier au cours de ces errances
Que je n'oublierai rien de ces moments parfaits.
Pierre-Jean BOUTET
cambredaze.canalblog.com