Cauchemars
Sur le voile obscur de mes nuits agitées 
Défilent des images positions arrêtées 
Quand tous mes cauchemars se donnent rendez-vous 
Comme s'ils voulaient tous me rendre presque fou.
Quand au bal de mes peurs je suis seul invité 
Que je les vois danser comme horribles poupées 
Figures grimaçantes de mes terreurs nocturnes
Je reste bouche béé, spectateur taciturne.
Je sors de cet état les vêtements trempés 
De toute la sueur que cela m'a coûté 
Mais je suis soulagé de retrouver le jour
Qui chasse les fumées de tous ces vilains tours.
Lorsque j'étais enfant parfois on se moquait
De ce que je vivais et que je racontais
Alors on l'assurait que cela n'existait
Bien sûr que dans les rêves qu'en ce temps je faisais.
Aujourd'hui je n'ai plus de ces rêves absurdes
Mais je sais que enfant tout me paraissait vrai
Je n'ai pas sur ce plan j'avoue trop de regrets
Que ces affreux fantômes aient ainsi déserté.
Sans doute ai je perdu ce monde des enfants
Où tout n'était pas, m'en souviens effrayant,
Les nains et les elfes y étaient charmants
Les contes de fées eux étaient passionnants.
Il m'arrive le soir à mon tour de calmer
Dans les yeux des petits de ces peurs enfantines
Je les prends au sérieux, leur chante des contines
Espérant que leurs rêves seront sérénité.
Pierre-Jean BOUTET