Des choses légères 
Comment font ces poètes qui disent avec verve
De choses si légères sans aucune réserve 
Pas d'ombre au tableau, tout est si pur et beau
Leur monde est couleur, de la douleur zéro !
Quand je m'y aventure sur ces terres bénies 
Souvent elles m'y rattrapent mes hantises honnies
J'aime la gaudriole, je sais être mariole
Je n'ai là sur ma tête, aucune auréole 
Mais je n'ai ces lunettes, ce prisme un peu magique
Qui leur permet de voir des choses mirifiques
Je suis un peu myope mais même comme taupe
Je vois autour de moi trop de choses interlopes.
J'aime de la balance regarder le fléau 
J'aime son équilibre quand il est tout en haut
Lors d'un plateau à l'autre je cours sans m'arrêter 
Espérant ne pas voir l'un des deux l'emporter
Quand je dis l'un des deux c'est bien sûr le plus lourd
Celui qui porte en lui la fin de tous nos jours
Celui des cauchemars que l'homme a inventés
Celui des côtés sombres qu'il ne veut s'avouer.
Lors dans le même temps que je chante, je crie
Dans celui que je vis, alors j'écris aussi
Pour sentir le bonheur, le risque qu'il s'enfuit
La peur qu'à ces beaux jours ne succède la Nuit.
Pierre-Jean BOUTET