La bulle 
La tristesse est compagne de beaucoup de mes jours
Ce n'est pas la déprime car suis baigné d'amour 
La détresse des autres me mine en retour
Et quand elle me gagne, que tout me paraît lourd !
Alors que tout m'accable, que je ne vois d'issue
Dans ce que vit le monde, fragile est son tissu
Que s'en vient à ma table un tout petit enfant
Sa candeur désarmante c'est mon coeur qu'elle fend.
Il suffit d'un sourire pour se croire au printemps
De ses grands yeux brillants qui sont si confiants
Pour la sentir renaître au plus profond de soi
Cette énergie ancienne dont la présence croît.
Cette foi dans la vie qu'ont tous les tout-petits
Cette envie d'avancer et puis de découvrir 
Quand le passé n'existe qu'il n'y a qu'un futur
On n'est pas entravé par les nombreux coups durs.
Alors je fais des cures de grand père attendri
Je réapprend à rire pour des choses innocentes
Je suis même parfois dans des poses surpris
Quand partage un peu de leur vie épatante.
Elle est reléguée pour un temps la tristesse
Dans les limbes éthérés où règne la sagesse
Quand je suis dans la bulle de l'enfance ainsi
Je plongé à ma manière dans un paisible oubli.
Pierre-Jean BOUTET