Sans fin
Lorsque j'aurai chanté, célébré la lune
La vague, le rocher, la mer et l'écume 
Lorsque j'aurai aussi adoré la brume
La lave, l'arbre mort, le soleil sur la dune,
Quand j'aurai fait le tour de toutes les amours
Qu'elles soient impossibles ou qu'elles soient comblées 
Quand j'aurai tout écrit sur les grandes assemblées 
Où les hommes discutent jusqu'à la fin des jours
Lorsque j'aurai pleuré toutes morts assassines
Qu'elles soient ignorées ou qu'elles soient massives
Lorsque j'aurai bien ri des illusions mesquines
Dont les hommes se targuent que si bien ils cultivent,
Je n'aurai que peu dit de tout ce qui existe
Ignorant que je suis, tant il y a de pistes
Je n'aurai qu'effleuré du monde la beauté 
Et de bien des laideurs, suis passé à côté.
Quoique fort j'imagine je ne puis embrasser
De la vie les mystères qui demeurent entiers 
Je n'ai assez de lignes pour tout hameçonner 
Tant il y a de choses que ne puis soupçonner.
Heureusement pour vous il y a d'autres poètes 
Pour vous chanter la vie avec bien d'autres mots
Heureusement partout des hommes sont en quête 
De mondes à dévoiler et de chants bien plus beaux.
Pierre-Jean BOUTET
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