Au diapason
Un ciel couleur de plomb qui borne l'horizon
Un plafond de nuages où le gris se morfond
Sur moi ce matin fond ce couvercle profond
Éveillant les tréfonds, mon moral est au fond.
Où est donc la lumière qui hier réchauffait
Tout alentours les êtres, était à tous donnée 
Dont la seule caresse pouvait me transporter
Énergie, allégresse alors s'en nourrissaient.
Que j'aime le ciel bleu quand il est sans nuages
Ou alors quelques uns pour décorer ses marges
Que j'aime respirer un air clair, sec et pur
Que j'aime mon regard qui se noie dans l'azur.
Cette chape humide qui s'abat ce matin
Porte en elle languide, oh combien de chagrins
C'est comme l'éteignoir posé sur la chandelle
Qui plonge dans le noir, donne à la peur des ailes.
Je suis au diapason de toutes résonances
Celles que la nature chaque jour me dispense
Je vibre à l'unisson de ses moindres caprices
Qu'ils soient de tristes dons ou de subtils délices.
Pierre-Jean BOUTET