Le brame
Si vous voulez un jour observer ce spectacle
Rendez-vous à l'automne du côté de la Grave
Le parcours est aisé, ne comporte d'obstacle
Il vous sera offert dans cette belle enclave,
La parade amoureuse de ces grands cervidés 
Dont les ébats alors peuvent être admirés 
Faites alors comme moi et vous dissimulez
Dans la pente en face des grands coteaux boisés 
En fin d'après-midi quelques biches apparaissent
De ces bois dispersés où elles reposaient
Elles broutent paisibles et jamais ne se pressent
Nous pouvons à loisir alors les regarder.
Soudain surgit à gauche du plus haut d'une crête 
Une biche agile poursuivie par un cerf
Dont le brame puissant résonne jusqu'à nous
Tout s'anime alors très vite devant nous
Dévalant les coteaux le long de la vallée 
Nous voyons bien des biches en être affolées 
Un autre cerf plus jeune semble s'interposer
C'est alors tous leurs cors qui vont s'entrechoquer
Le plus jeune va céder, sans très grande surprise
La course échevelée la voilà lors reprise
La biche a beau courir, il semble qu'elle aguiche
Le grand cerf excité qui l'approche, elle triche
Tantôt elle ralentit se laisse rattraper
Puis elle accélère, il ne peut l'attraper
Je n'ai pu observer du ballet le final
Mais lors le corps à corps sera lui très banal.
Mes amis ont filmé cette longue séquence 
Nouvelle pour ma part était la longue danse
J'aurai le souvenir de ce vigoureux rut 
La nature est belle dans ce qu'elle a de brut.
Pierre-Jean BOUTET