Cogitations.
Dans la grande bassine où barbotent nos vies
Bien des vagues dessinent le contour des envies
Dans la grande marmite où bouillonnent nos torts
Il y a tant d'épices pour pimenter nos sorts.
Qui prétend au milieu de tout ces tourbillons
Tenir un gouvernail dans une direction
Qui pourrait dans ce fou maelström 
Garder la tête froide et un cœur sans passion ?
Pour tant de tentations et de fortes émotions 
Qu'il est bon de céder à un lâche abandon
Pour tant de sensations dispensées par passion
Comment donc n'y répondre avec un cœur qui fond.
Jamais rien n'y est fixé sur le grand toboggan
Tout passe ou très vite ou hélas lentement
À peine a-t-on eu la chance de comprendre
Que vous est tout repris ce que vous croyiez prendre.
C'est comme sur un manège de ces foires d'antan
Où le pompon narguait tous les yeux des enfants
Pas le temps pour certains de préparer leur saut
Que déjà le manège s'arrêtait bien trop tôt.
Nous sommes des fétus, nous sommes des poussières
Tous ceux qui l'ont compris arrêtent leurs prières 
Pour jouir de cette vie dont leur a fait l'aumône 
Le hasard ou bien dieu selon comme on le nomme.
Pierre-Jean BOUTET