L'ennui
Pouvez-vous comme moi ressentir de l'ennui
C'est assez différent des moments où m'ennuie
Ca fait comme un vide, un moment de déprime 
Comme un rien sous mes pas, où alors il s'exprime.
Ca me prend au lever avant que de plonger
Dans ce grand tourbillon que sera ma journée 
Je n'aurai plus le temps de poser des questions
Quand je serai noyé dans mes occupations.
En faut-il de ces temps où règne ce malaise
Ce sentiment diffus qui me rend mal à l'aise 
On dit qu'il est fertile cet ennui qui surgit
Pour faire un peu le point de ce qu'est notre vie.
Cette vie qu'on remplit d'actions et d'émotions
Pour ne pas voir peut-être la seule direction 
Pour ne pas affronter cette dure leçon 
C'est qu'elle n'a qu'un temps, puis qu'on coupe le son.
Dans ces moments d'ennui je la vois bien en face
Je lui dis attends moi et ne sois pas pressée 
Je sais que tu es là avec ta faux dressée 
Te savoir aux aguets, vois tu ça ne me glace.
Car ces mots que j'écris ce sont autant de traces 
Pour témoigner après de ce qu'était ma place
De ce qu'était ma vie, mon regard sur les choses
Tu ne peux l'effacer, si grande soit ta cause.
Quand viens sur moi l'ennui je le mets à profit
Pour apprécier aussi quelle est mon existence
Tout ce qu'elle a de bon, et quel en est le sens
Je n'en ressors jamais ainsi trop déconfit.
Je rends grâce aussi à mon inspiration
Qui m'apporte souvent matière à expression
Ma muse le sait bien combien suis disponible
Je saisis pour écrire tous les moments possibles.
Pierre-Jean BOUTET