Au désert 
Mais pourquoi ce désert où il n'est que des traces
De ces vies qui y passent de façon si fugace ?
Et pourquoi tous ces sables qui ont mille visages
Figures impitoyables à la beauté sauvage ?
Un tel dépouillement inspire le respect 
Ou bien souvent l'effroi dans les coeurs trop légers 
Traverser ces contrées dans l'espoir de l'oasis
Quand quelque arbre furtif fait soupçonner la vie.
Dans ces espaces arides sont parfois des mirages
Comme peaux de serpents en attente d'orage
Comme ersatz de forêt cette troublante image
Ou une méharée griffant le paysage.
Présences incongrues et vies inattendues
Dans ces espaces vierges et ces étendues nues
Où seuls de vieux rochers sur les coteaux pentus
Semblent monter la garde en guettant l'inconnu.
Le temps semble arrêté gravé dans quelques rides
Sur ces dunes immenses étalées dans le vide
On prend de la distance avec le futile
Pour ne garder précieux que les biens plus utiles.
Un bâton, quelques pierres, pour y cuire le pain
Se nourrir seulement quand arrive la faim
S'en remettre Inch' Allah à la grâce de Dieu
Quand perdu dans les sables on regarde les cieux.
Pierre-Jean BOUTET