Pudeur
Pudeur quand tu me tiens et que tu me retiens
Que tant de sentiments demeurent ainsi bridés 
De peur qu'à les montrer je sois trop exposé 
Et que je risque fort de briser quelques liens.
Car nous restons cachés derrière mille masques
Qui habillent nos âmes de bien solides casques
La vie est carnaval, elle est comédie 
Nous prenons le visage que le moment nous dit.
Ce qu'on nomme impudeur, ce qui si peu s'exprime
C'est bien souvent ce qui en nous très fort s'agite
Ces passions ou ces gestes dans nos pensées intimes
Qu'on voudrait esquisser, mais qu'on retient au gîte.
La crainte du rejet, de n'être pas compris
De n'être accepté, que l'on se soit mépris 
La peur que d'avouer comme une faiblesse
Cette fragilité que l'on tient bien en laisse.
On en fait des détours, on en prend des traverses
Pour exprimer alors sans que ça ne renverse
Les profonds sentiments ou les folles envies
Qui font qu'on est bien là, que l'on se sent en vie.
Si l'on connaît les codes s'ils ont été transmis
On pourra naviguer au milieu des embûches 
Mais si on est perdu, qu'on ne sait pas s'y prendre
On se sent bien muet devant le cœur à prendre.
Pierre-Jean BOUTET
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