Métamorphose 
Une flèche ardente pointée droit sur les cieux
L'arbre illuminé dresse sa cime fière 
Phoebus par ses rayons y a porté le feu
Et sa métamorphose est due à sa lumière.
Un simple arbre soudain sublimé par ce Dieu
Dont l'heureux caractère semble bien belliqueux
Comme un projecteur éclairant une star
Lorsqu'elle entre en scène et capte les regards.
Est-ce donc la lumière ou est-ce le regard
Qui transforme ainsi en grenouille le têtard ?
La magie qu'elle porte, l'étincelle qu'il porte
Qui donc fait un dieu de l'infime cloporte ?
Sans doute un peu des deux, sûrement tous les deux
S'il n'y avait le regard, ou ce phénomène 
Rien ne se passerait l'arbre serait le même 
Et pour s'émerveiller il n'y aurait que Dieu.
Mais je l'ai aperçu l'arbre glorifié 
L'espace d'un instant il était transformé 
C'était comme un joyau inondé de lumière 
Ou comme un drapeau dressé pour la prière.
Pierre-Jean BOUTET