Houppelande 
Je le voyais passer lorsque j'étais enfant
Du haut de mes dix ans il paraissait si grand
Sa longue houppelande battait contre ses flancs
Conduisant ses moutons il en avait deux cents !
C'était dans le quartier de mon petit village
Encore très rural, avec des élevages 
Le troupeau lors passait devant une chapelle
Où l'on jouait enfants souvent à la marelle.
Le personnage était pour moi combien étrange 
Avec sa grande barbe et son bâton sculpté 
Il me disait petit il faut que tu te ranges
Son chien courait après les brebis dispersées.
Et la puissante odeur de la crotte de bique
Ne me gênait en rien, ni l'odeur de suint
La scène me plaisait tant elle était magique
Je n'étais après tout qu'un petit galopin.
À cette époque là je courrais la campagne
Découvrant ces merveilles qu'elle offrait alors
Des choses à présent plus rares que de l'or
La nature était un pays de cocagne.
Je repense souvent au berger de ce temps
À cette vie si simple et si riche en chemins
À ces mille expériences que je faisais gamin
A cette nostalgie qui doucement me prend.
Pierre-Jean BOUTET