Les lionnes
Vois comme elle est sauvage dans sa fureur de lionne
Ses yeux et ses cheveux, il semble qu'elle rayonne
Prête à montrer les dents face à toute menace
Qui serait un danger pour l'enfant qu'elle enlace.
Ce petit, ce trésor sorti de ses entrailles
Au milieu des décombres et des bruits de mitraille
Cet enfant de l'amour qui a pu voir le jour
Dont la vie ne vaut rien, par les temps qui ont cours.
Dans ces temps de tumulte, les vies ne comptent guère 
On ne fait que survivre au mieux pendant les guerres
Ce n'est pas différent aujourd'hui de naguère 
Les hommes n'ont d'autre but que de vaincre à la guerre.
Il en est autrement je le sais de ces mères 
Qui portent les espoirs de ce monde à venir
Mais hélas ces enfants qui déjà vont souffrir
N'auront devenus grands que la rage des pères.
L'histoire nous enseigne que toujours on répare 
Tous les dégâts causés aux terres qu'on ravage
Mais dans le coeur des hommes subsistent au long des âges 
Les rancœurs et les haines héritées en partage.
Ce n'est pas la fureur qui sauvera les hommes
Il faut que dans leurs coeurs toute haine ils gomment
Ce n'est que par l'amour qu'ils doivent être liés 
La colère des lionnes pourra être oubliée.
Pierre-Jean BOUTET