Observateur
Accoudé au muret qui court sur la grand place
Je regarde les gens qui viennent et qui passent
Ils semblent des pigeons tous pressés d'attraper
Des miettes de ce temps qui les fait déraper.
Assis à la terrasse du café de la plage
J'observe tous ces gens qui courent et qui nagent
Ils semblent des poissons qui se prélassent au fond
Pour oublier le temps qui les entraîne au fond.
Allongé là dans l'herbe dans ce pré au soleil
Je regarde le ciel où passent des avions
Ils portent tous ces gens qui c'est sûr s'émerveillent
De tout ce temps qu'ils gagnent sur tous les autres pions.
Appuyé au rebord du grand toit de la tour
Je vois en bas les gens qui s'agitent autour
Ils semblent des fourmis occupées à bien faire 
Tandis que les années s'emploient à les défaire.
Toute une vie passée à contempler les gens
Toute une vie gâchée où j'ai été absent
C'est sur moi que le temps a marqué son empreinte
Je me croyais exempt de subir son étreinte.
Pierre-Jean BOUTET