Noyés 
Tous ces mots sont pollution qui se déverse 
Pour des choses si diverses, en averse
Des mots inutiles dits en pure perte
Noyant tout sous eux, la beauté et l'alerte.
Dans le but d'exister que ne dirait-on pas
Mais à quoi bon crier, si on vous entend pas ?
Il faudrait le tamis de quelque orpailleur
Pour trouver des pépites, y en a-t-il d'ailleurs ?
Je suis las il est vrai de cette logorrhée 
Plus ça va, plus j'écris moins je lis le courrier
Hormis ces quelques pages sur lesquelles trouver
Encore des histoires qui savent me toucher.
J'écris car je ne puis hélas faire autrement
Que libérer ces mots qui exigent de naître 
Mais très peu je publie si ce n'est par moment
Quand un écho me pousse à les faire paraître.
Mais ces mots dans le flot ont-ils chance que d'être 
À leur tour dispersés ou ignorés peut-être 
Si par chance des yeux se posent alors sur eux
Puissent-ils exprimer ce qu'ils portent avec eux.
Pierre-Jean BOUTET