Nos peurs
Enfouies au cœur des hommes sont leurs plus vieilles peurs
Sourdement elles sont la somme de leurs erreurs
Comme au creux de la pomme creuse aussi le ver
Nos peurs font tout comme, à miner nos bonheurs.
S'est enfuie l'insouciance avec notre enfance
Trop bien s'y sont ancrées nos peurs et nos souffrances
Comme sur terreau vierge pousse mauvaises graines
Nos hantises sont cierges qui allument nos haines.
Sous la surface lisse qu'offrent tous nos visages
Grouillent et grondent tant ces noirceurs sans usage
Comme si des eaux noires derrière nos barrages
Se pressaient en désordre pour qu'éclate l'orage.
Le combat silencieux du dedans du dehors
Celui que tous on mène quel que soit notre bord
La lutte intestine de l'ombre et la lumière 
Je dis pour les vaincus mes plus fortes prières.
Pierre-Jean BOUTET