Sur le jour du partir
À jamais tu voltiges dans tous mes souvenirs
Ton image se fige sur le jour du partir
Ton visage se grave sur fond de ma mémoire 
Comme un bloc de lave empreint de désespoir.
Sur le lit mortuaire, déjà comme un gisant
Tes traits hiératiques impressionnaient l'enfant
Tu étais immobile toi avant si vivant
Tu avais l'air tranquille de qui a fait son temps.
Ces instants suspendus tout en moi brûlent encore
Je faisais la rencontre ce jour avec la mort
Elle m'a effleuré de ses ailes si sombres
Lorsque sur toi alors elle a posé son ombre.
Dans ce corps déserté de la flamme de vie
Je ne voyais dès lors qu'une pâle copie
De tout ce que tu fus avec ton énergie 
De cette volonté que la mort t'a ravie.
De ce jour j'ai compris que nous ne sommes rien
Que poussières fragiles soumises à leur destin
À jamais tu voltiges dans tous mes souvenirs
Cette image figée sur le jour du partir.
Pierre-Jean BOUTET