Vertige
Je me suis arrêté un jour sur le trottoir
Sans savoir la raison comme aveugle de voir
Saisi d'un grand vertige, un poids sur les épaules 
À me dire soudain, il n'y a rien qui colle.
Qu'ai je donc décidé de tout ce que je fais
Ne suis-je programmé comme un robot en fait
De ces automatismes dont tous mes jours sont faits
De ces actes identiques lesquels sont de mon fait ?
De ces routes suivies, des chemins empruntés 
Combien y en a-t-il que j'ai pu seul tracer ?
De ces choix calculés, des projets engagés 
Combien puis-je en compter que j'ai imaginés ?
Ca m'est tombé dessus de ce poids d'une enclume
Quand j'ai réalisé que si peu moi j'assume
Que je suis un rouage de la foule anonyme
Qui fait marcher ce monde vers la profonde abîme.
De fait conditionné par ces mille messages
Qui nous gardent tous sur les bons passages
L'essentiel n'est-il pas que nous restions sages
Pour les puissants là-haut qui nous y engagent.
J'ai rejoins ce jour là, l'armée des rebelles
Celle qui a deviné la partie qui se joue
De tous temps elle est, elle est éternelle 
La lutte pour la vie, c'est entre eux et nous.
Pierre-Jean BOUTET