Premier jour
Elle m'a pris par la main, je m'en souviens très bien
C'était un beau matin de la fin de l'été 
Elle m'a dit on y va, tu n'es plus un bébé 
Tu as l'âge de l'école, tu verras c'est très bien.
J'étais un peu inquiet de quitter la maison
Je n'allais au village qu'en rares occasions
Je n'avais jusqu'ici pas quitté ses jupons
Elle était le monde pour ce petit garçon.
En chemin on rejoint d'autres enfants du coin
Quelques uns sont en pleurs on leur dit de se taire
Le chemin de l'école n'a pas l'air de leur plaire
Je regarde maman, la maison semble loin.
Nous arrivons enfin devant un bâtiment 
Il me paraît bien grand, un peu impressionnant 
Maman me dit voila c'est la mairie-école 
C'est là que t'apprendras, n'y fais pas le mariole.
D'un côté les garçons et de l'autre les filles
En ce temps c'était stricte séparation 
Tous une blouse grise c'est ainsi qu'on habille
Les écoliers d'alors, pas d'autre distinction.
Elle m'a embrassé, je m'en souviens un peu
J'avais le cœur serré, étaient mouillés mes yeux
Elle m'a dit à ce soir je viendrais te chercher
Mon premier jour d'école, il a tout déclenché 
D'emblée je l'ai aimé cette salle de classe
Les activités qu'ensemble il faut qu'on fasse
Images et bons points je les accumulais
De mes parents déjà ça faisait la fierté.
Le soir j'avais aux lèvres tant de choses à dire
Que maman étonnée elle s'est mise à rire
Eh bien toi mon garçon t'auras pas de problème 
À voir combien l'école il me semble tu aimes.
Dès lors pour des années sans me poser question
J'ai franchis bien des classes, des études à foison
Jamais ne m'a semblé m'y trouver en prison
J'y trouvais tant matière à interrogations.
Quelquefois je revois l'école du village
Elle est dans mes pensées comme une belle image
J'ai quelque nostalgie de l'époque d'alors 
Et de tous les copains quand je jouais dehors.
Pierre-Jean BOUTET
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