Les lèvres d'Isa
Comme deux ourlets fins aux couleurs purpurines
Qui s'étirent alanguis comme aimable ravine
Une invite à mordre comme une mandarine
Ou sinon à rester d'une humeur plus chagrine
Je les aime boudeuses ou alors malicieuses
Lorsqu'elles sont gourmandes ou un peu licencieuses
Ces joyaux entrevus dans leurs valves béantes 
La nacre opaline de ces perles élégantes 
Sourire de vraie joie ou faille accueillante
Ce doux jeu qu'elles font pour être séduisantes
Pour appeler à elles une bouche affamée 
Ou accueillir aussi qui viendra s'y pâmer.
Elles sont les replis où se niche l'amour
Que le plaisir inonde quand est venu le jour
De répondre au désir dont elles sont l'écrin
Quand la nuit est superbe et qu'enfin on y vient.
Elles gardent la porte du pays interdit
Sauf à celui bien sûr pour qui il est permis
D'effleurer ce passage vers le vrai paradis
Elles s'ouvrent à celui qui l'aura bien conquis.
Elles n'ont besoin de mots pour savoir l'essentiel
Juste ce mot de passe qui ouvre alors le ciel
Juste le bon sésame qui coule comme miel
Juste dire je t'aime murmuré au pluriel.
Pierre-Jean BOUTET