Le froid du tombeau
On parle de ce froid qui est dans les tombeaux
Mais les morts bien se fichent de ce degré zéro 
Leurs corps ne sont plus rien revenus à poussières 
Ce dont ils sont gourmands c'est peut être lumière 
Celle dont on nous dit qu'elle éclaire enfin
Le sombre de nos vies lorsqu'elles prennent fin
Qui inonde les âmes et leur donne repos
Libérées de l'enfer de la chair et des os.
Alors pourquoi la mort serait-elle terrible
Si certains y aspirent beaucoup ne l'ont pour cible
On s'accroche plutôt à ce que l'on connaît
À ce monde si dur dès lors qu'on y est né.
La vie n'est certains disent qu'une simple épreuve 
Un obstacle à franchir où bien faire ses preuves
Avant que d'emprunter une enveloppe neuve
Il faut bien se tremper dans les eaux de ce fleuve.
La vie est pour beaucoup une chance à saisir
Nous avons tant de choses à vivre à découvrir 
Elle est bien trop courte aux yeux de ceux friands
De nouvelles expériences mais ils n'ont pas le temps.
La vie comme la mort sont les plus grands mystères
Chacune n'a de sens que si l'autre tempère 
Être et disparaître si c'est pour tant d'efforts
Ne récolter au bout que le vide et la mort ?
Mais s'il n'y avait ce terme qu'on sait inéluctable
Saurait-on apprécier et trouver délectables
Tous ces rares moments où la vie nous sourit
Ne serait-elle alors qu'un éternel ennui ?
Pierre-Jean BOUTET