Les champs d'infortune
L'herbe a repoussé sur les champs d'infortune
Le sable a recouvert les blockhaus dans les dunes
La mitraille est enfouie profond au creux des troncs
De ces forêts martyres sises au plus près du front,
Les corps des disparus gisent là sous l'argile
Avec mille objets parmi les plus fragiles
Un casque, une pipe, une photo jaunie
Une lettre reçue d'une petite amie.
La mémoire est inscrite au cœur de mille choses
Jusque dans les parterres où fleurissent des roses
Pourtant la vie partout y a repris ses droits
Qu'ils sont devenus verts tous ces maudits endroits.
Ils restent des images de ces moments perdus
Des hommes les ont vus et ont tous disparu
Comment croire à voir de si beaux paysages
Que s'y sont déroulés jadis bien des carnages.
Au bruit des canonnades qui les ont ébranlés 
Ont succédé des sons de nature et de paix
Sait-il le promeneur qui médite en ces lieux
Qu'il marche sur des drames qui furent si affreux ?
L'herbe a reconquis tous ces champs d'infortune
Le temps s'est écoulé oubliant qui nous fûmes 
Tous ces jeunes soldats envoyés à la mort
Qui ne soupçonnaient pas cette fin et ce sort.
Pierre-Jean BOUTET
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