Ivresses
 
Sur la lande herbeuse galopent des chevaux
La mousse à leurs lèvres signe le manque d'eau
Ils courent à l'instinct vers le puit salvateur
Leurs yeux exorbités sont témoins de leur peur.
 
Sur la steppe immense les guettent les chasseurs
Qui connaissent les routes des sauvages coureurs
Il leur faut des chevaux en faire des porteurs
Pour déplacer leur camp, ce sont des migrateurs.
 
Là se joue sur la lande l'histoire éternelle
De la lutte féroce entre deux libertés
Celle des animaux qui est pour moi naturelle
Celle des hommes hélas qui elle est plus cruelle.
 
L'homme doit endosser son statut prédateur
Qui trop souvent se mue en pure avidité
L'animal obéit à des lois naturelles
Sa liberté aussi qui n'en est que plus belle.
 
Bien sûr que les chasseurs ont à cœur ces chevaux
Qui seront compagnons dans bien de leurs travaux
Bien sûr que ces chevaux seront eux bien traités
Ils n'auront jamais soif hiver comme été.
 
Les hommes sont les maîtres des chevaux bien nourris
Des chevaux domestiques à jamais asservis
Plus jamais leurs crinières ne flotteront au vent
Et plus jamais d'ivresse dans leurs hennissements.
 
Pierre-Jean BOUTET
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